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L'importance de promouvoir l'arbitrage comme instrument de règlement des différends contractuels dans l'espace OHADA s'est fait ressentir dès la création même de cette organisation. En effet, le préambule du traité relatif à l'harmonisation en Afrique du droit des affaires énonce clairement que, l'arbitrage est une discipline juridique qui entre dans le domaine du droit des affaires, mais aussi encourage le recours à l'arbitrage pour le règlement des différends contractuels (article 1 et 2 du traité relatif à l'OHADA).  Par ailleurs, cinq années après l’adoption du traité ce désir du législateur communautaire va de nouveau se démontrer à travers l’adoption du Règlement d’arbitrage de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage le 11 mars 1999. Dans le souci d’une consécration matérielle d’un droit de l’arbitrage dans l’espace OHADA, l’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage sera adopté le 15 mai 1999, et sera révisé le 23 novembre 2017 à Conakry (Guinée).

Bien que l’arbitrage soit consacré par les fondateurs de l’OHADA comme un mécanisme d’une grande importance pour le droit des affaires, il faut tout de même relever que ces derniers ne lui ont pas attribués une définition précise et claire. C’est ainsi qu’à travers la doctrine plusieurs définitions seront attribués à cette notion. Toutefois, d’une manière simple l’arbitrage pourra être défini comme un mode privé de règlement des litiges fondé sur la convention des parties. En d’autres termes, c’est un mode juridictionnel de règlement des litiges sans intervention du juge étatique ; il s'agit d'un mode alternatif assimilé à une sorte de « justice privée » dont les caractères le distinguent des autres modes de règlement des différends ou de régulation des relations contractuelles.

 L’analyse des textes adoptés sur le droit de l’arbitrage dans l’espace OHADA fait ressortir deux type d’arbitrage l’un dit institutionnel (l'arbitrage est dit « institutionnel » lorsqu'il a lieu sous l'égide d'une institution d'arbitrage qui propose son propre règlement d'arbitrage et veille au bon déroulement de la procédure), et l’autre dit « ad hoc » (ici la procédure arbitrale se déroulant en dehors d'une institution d'arbitrage permanente). Autrement dit, l’arbitrage organisé par l’Acte uniforme cohabite, dans le système OHADA, avec l’arbitrage institutionnel spécifique administré par la CCJA. Cependant, l’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage réglemente essentiellement l’arbitrage ad hoc, même s’il fait référence à l’arbitrage institutionnel de la CCJA.

Pour une aisance dans l’application de l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage, le législateur communautaire a non seulement délimité son champ d’application, mais aussi précisé les diverses sentences qui peuvent être rendues sous le fondement de cet Acte.  Relativement à ce champ d’application, il faut relever que l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage a vocation à s’appliquer à tout arbitrage lorsque le siège du tribunal arbitral se trouve dans l’un des Etats parties de l’OHADA. De plus, toute personne physique ou morale peut recourir à l’arbitrage de l’OHADA. De même, les Etats et les autres collectivités territoriales ainsi que les établissements publics peuvent être partis à un arbitrage.

A l’issue d’une procédure d’arbitrage dans l’espace OHADA, la décision rendue par le tribunal arbitral est appelée sentence arbitrale. Cette sentence arbitrale peut être exécutée par les parties de manière provisoire et parfois de manière forcée.

Toutefois, le dispositif normatif de l’OHADA en matière de règlement alternatif des différends a été enrichi d’un Acte uniforme sur la médiation.