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La notion d'assurance s'est développée de manière pragmatique, sous les contraintes économiques et sociales liées à la nécessité d'entreprendre. En effet, l’être humain fait face à plusieurs situations qui peuvent arriver de manière aléatoire et les assurances sont une meilleure alternative pour gérer des imprévus. En d’autres termes, l’assurance est une technique dont le rôle fondamental est de protéger, en cas de survenance de certains risques, les patrimoines et les personnes moyennant une rémunération appelée ou prime. Ainsi, elle peut être définie comme l’opération par laquelle une personne physique ou morale se fait remettre moyennant une prime, pour elle ou un tiers, en cas de réalisation d’un évènement, une prestation par une compagnie d’assurance, qui prenant en charge un ensemble de risques, les compense selon la loi de la statistique.

Etant un domaine très important de la vie des affaires, on va donc assister à une inflation des textes dans ce domaine dans le monde. Tout a commencé avec la signature à Paris (République Française) le 27 juillet 1962 de la première convention de la Conférence Internationale des Contrôles d’Assurances des Etats Africains (CICA) par les Etats suivants : France, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Dahomey (aujourd’hui Bénin), Gabon, Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso), Mauritanie, Madagascar, Niger, Sénégal et Tchad. Le Togo adhéré à la CICA en 1968. Les principaux objectifs poursuivis étaient :  l'harmonisation des législations et réglementations nationales ; la coordination de l’exercice du contrôle des entreprises ; la coordination de la formation des cadres africains d’assurances. En vue de concrétiser ces objectifs, il fallait une CICA plus africaine. Une nouvelle convention est signée entre douze (12) Etats africains (ceux désignés ci-dessus), à l’exception de Madagascar et de la France) le 27 novembre 1973. Le siège de la CICA est alors transféré de Paris à Libreville en 1976. La France demeure simple observateur.

La volonté de perfectionnement a amené les gouvernements des Etats membres à la signature le 20 septembre 1990, toujours à Paris, de la troisième convention de la CICA dite Convention pour la Promotion et le Développement de l’Industrie des Assurances (CPDIA).

La CPDIA a très vite cédé le pas au Traité instituant une Organisation Intégrée de l’Industrie des Assurances dans les Etats africains avec comme organisme communautaire la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances en abrégé CIMA signé le 10 juillet 1992 à Yaoundé (République du Cameroun) par les gouvernements des Etats membres suivants : Bénin, Burkina, Cameroun, Centrafrique, Comores, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Des quatorze (14) Etats signataires, seules les Comores n’ont pas encore ratifié le Traité. La création de la Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances (CIMA) est donc le résultat d’un long processus d’uniformisation du secteur des assurances, destiné à rationaliser le marché des assurances. A ce Traité est annexé le code des assurances des Etats membres de la CIMA. Les principaux objectifs poursuivis par cette communautarisation sont entre autres l’uniformisation du droit applicable aux assurances et la rationalisation du droit économique relatif aux marches des assurances.

Le code des assurances de la CIMA renferme plus de 500 articles applicables directement dans les Etats membres. De même, la technique d’uniformisation utilisée est poussée jusqu’à son paroxysme par le fait que les dispositions du Traité interdisent aux Etats partis d’intervenir par voies de dispositions nationales dans les domaines de compétence de la CIMA. En effet, le Code CIMA organise les mécanismes institutionnels du marché africain des assurances. Le Traité a comme objectif la création d’un marché interafricain des assurances disposant d’une autorité commune et d’organes propres.

La CIMA a pour objectif l’intégration de la régulation et de la supervision de l’industrie des assurances regroupant les 14 pays membres. Cette intégration permet à des entreprises d’assurance de dupliquer facilement d’un Etat membre à l’autre les exemples de réussites et les bonnes pratiques. La mission de la CIMA est de travailler au développement sain et harmonieux de l’industrie des assurances en assurant la stabilité financière des économies et la protection des assurés et bénéficiaires de contrats.

Le Code CIMA est organisé en sept livres. Le livre I traite du contrat d’assurances, ce livre prévoit la simplification des textes, la clarté et la transparence dans la rédaction de ces contrats. Le livre II porte sur les assurances obligatoires notamment, l’assurance Responsabilité Civile Automobile. Cette partie du Code CIMA institue un barème d’indemnisation et permettent à un plus grand nombre de victimes d’être dédommagées. Le livre III définit les modalités de délivrance des agréments des entreprises d’assurances et les critères de solvabilité que doivent respecter lesdites entreprises. Le livre IV expose le nouveau plan comptable sectoriel des assurances et présente les états modèles (Etats CIMA) que les sociétés d’assurances doivent renseigner pour faciliter le suivi et le contrôle de leurs activités. Le livre V quant à lui réglemente les professions d’intermédiaires d’assurances (courtiers, agents généraux et autres). Le livre VI institue des organismes particuliers d’assurance dans chaque Etat membre. Ce fonds, lorsqu’il est mis en place, est chargé d’indemniser les victimes d’accident de la circulation lorsque le responsable des dommages est inconnu ou n’est pas assuré. Le septième livre du Code CIMA institue la micro assurance.

Le Code CIMA a donc non seulement mis en place une coassurance communautaire dans la zone CIMA, mais aussi a permis d’élargir l’accès au marché des services d’assurance dans cette zone communautaire.