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Commentaire
Dans l'environnement économique et juridique de l'espace
OHADA, les contrats commerciaux divers représentent des instruments juridiques
fondamentaux pour la sécurisation des relations d'affaires. Ces contrats, bien
que non expressément régis par les Actes uniformes, s'inscrivent dans un cadre
normatif sophistiqué qui combine harmonieusement le droit OHADA, les
législations nationales et les pratiques internationales. Une compréhension
approfondie de leur régime s'avère indispensable pour tout praticien du droit
des affaires.
I. CADRE
JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL
A. Architecture
normative
Le système juridique OHADA établit une hiérarchie
normative claire dans laquelle s'inscrivent ces contrats commerciaux. Au sommet
de cette hiérarchie se trouve le Traité OHADA lui-même, qui pose les principes
fondamentaux d'harmonisation du droit des affaires. L'Acte uniforme relatif au
droit commercial général (AUDCG) constitue ensuite le socle normatif principal,
complété par l'Acte uniforme relatif au droit des contrats.
La jurisprudence de la CCJA joue un rôle déterminant dans
l'interprétation et l'application de ces textes. Ses arrêts de principe,
notamment en matière de formation des contrats et d'exécution des obligations,
constituent une source importante de droit. Les juridictions nationales, dans
leur office d'application du droit OHADA, contribuent également à
l'enrichissement de cette jurisprudence.
Les législations nationales conservent leur pertinence
pour les aspects non harmonisés, particulièrement en matière de réglementation
sectorielle et de police administrative des activités économiques. Cette
articulation entre droit uniforme et droits nationaux requiert une attention
particulière lors de la rédaction contractuelle.
B. Principes
structurants
La liberté contractuelle demeure le principe cardinal en
matière commerciale. Cette liberté s'exprime tant dans le choix du
cocontractant que dans la détermination du contenu contractuel. Cependant, elle
s'exerce dans le respect de l'ordre public économique OHADA et des dispositions
impératives des droits nationaux.
La bonne foi commerciale, consacrée par l'article 237 de
l'AUDCG, constitue un principe directeur fondamental. Elle impose non seulement
une exécution loyale des engagements mais également une coopération active
entre les parties. La jurisprudence OHADA en fait une application rigoureuse,
sanctionnant les comportements déloyaux ou opportunistes.
II.
RÉGIME JURIDIQUE GÉNÉRAL
A. Formation et
validité
La formation des contrats commerciaux obéit aux
conditions classiques de validité : capacité, consentement, objet, cause. La jurisprudence
OHADA a développé une approche pragmatique de ces conditions, adaptée aux
réalités du commerce.
Le consensualisme prévaut en matière commerciale,
conformément à la tradition marchande. Néanmoins, la pratique recommande
systématiquement le recours à l'écrit, non seulement à des fins probatoires
mais également pour la sécurité juridique qu'il procure. Cet écrit doit être
suffisamment précis et complet pour prévenir les contentieux ultérieurs.
B. Exécution et
évolution
L'exécution des contrats commerciaux s'inscrit
généralement dans la durée. Cette dimension temporelle nécessite des mécanismes
d'adaptation aux évolutions des circonstances économiques. La force obligatoire
du contrat doit ainsi se concilier avec une certaine flexibilité.
La pratique a développé diverses clauses permettant cette
adaptation : clauses de révision périodique, clauses d'indexation, clauses de
hardship. Leur rédaction doit être particulièrement soignée pour garantir leur
efficacité tout en respectant les exigences jurisprudentielles.
III.
ASPECTS PRATIQUES ET OPÉRATIONNELS
A. Gestion
prospective des risques
La pratique contractuelle en droit OHADA exige une
anticipation rigoureuse des risques inhérents aux opérations commerciales.
Cette anticipation se traduit par l'insertion de clauses spécifiques dont la
rédaction conditionne l'efficacité. La force majeure, notamment, fait l'objet
d'une attention particulière de la jurisprudence OHADA. Sa définition
contractuelle doit combiner précision des événements couverts et souplesse
d'application, tout en respectant les critères jurisprudentiels
d'imprévisibilité, d'irrésistibilité et d'extériorité.
La répartition des responsabilités constitue un autre
aspect crucial. Les clauses limitatives ou exclusives de responsabilité doivent
respecter les limites posées par la jurisprudence CCJA, particulièrement
concernant la faute lourde et le dol. Leur rédaction nécessite un équilibre
entre protection des intérêts légitimes et respect de l'ordre public OHADA.
B. Aspects
financiers et garanties
Le volet financier des contrats commerciaux requiert une
attention particulière. Les modalités de paiement doivent être précisément
définies, en tenant compte des contraintes réglementaires relatives aux changes
et aux transferts internationaux dans l'espace OHADA. Les garanties financières
doivent être structurées en conformité avec l'Acte uniforme portant
organisation des sûretés, notamment concernant leur constitution et leur
réalisation.
IV.
CONTENTIEUX ET RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS
A. Prévention
des litiges
La prévention des litiges commence par une rédaction
claire et précise du contrat. Les définitions contractuelles, souvent
négligées, revêtent une importance capitale. Les procédures de notification, de
mise en demeure et de régularisation doivent être minutieusement détaillées. La
pratique recommande l'insertion de clauses de conciliation préalable
obligatoire, dont l'efficacité est reconnue par la jurisprudence OHADA.
B. Gestion du
contentieux
La résolution des différends en droit OHADA privilégie
une approche graduée. La médiation constitue souvent une première étape
obligatoire, permettant une résolution amiable et confidentielle des conflits.
L'arbitrage CCJA représente une option privilégiée pour les litiges importants,
offrant l'avantage d'une procédure uniforme et d'une exécution facilitée dans
l'ensemble de l'espace OHADA.
Le contentieux judiciaire, lorsqu'il survient, soulève des questions complexes de compétence et de droit applicable. La jurisprudence CCJA a développé une approche pragmatique de ces questions, favorisant l'efficacité des procédures tout en garantissant les droits de la défense.