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Le loyer et les charges locatives constituent des
éléments essentiels du bail à usage professionnel en droit OHADA. Leur régime
juridique est principalement défini par les articles 112 à 117 de l'Acte
uniforme portant droit commercial général (AUDCG). Ces dispositions organisent
tant la fixation initiale que la révision des loyers, ainsi que les obligations
respectives des parties concernant leur paiement.
L'importance pratique de cette question se reflète dans
la diversité des actes juridiques nécessaires à sa mise en œuvre et à son
contentieux : assignations en paiement ou en fixation de loyer, demandes de
révision, mises en demeure, contestations d'augmentation, etc. Pour appréhender
efficacement cette matière, il convient d'examiner d'abord le régime juridique
des loyers et charges (I), avant d'analyser les procédures de recouvrement et
de contentieux (II).
I. LE
RÉGIME JURIDIQUE DES LOYERS ET CHARGES LOCATIVES
A. La
détermination du loyer
- La fixation initiale du loyer
L'article 116 de l'AUDCG pose le principe fondamental de
la liberté contractuelle dans la fixation du montant du loyer : "Les
parties fixent librement le montant du loyer, sous réserve des dispositions
législatives ou réglementaires applicables."
Cette liberté contractuelle permet aux parties d'aménager
le loyer selon leurs besoins. Ainsi, elles peuvent opter pour un loyer fixe ou
variable, prévoir son indexation sur différents indices économiques, ou encore
convenir d'un pas-de-porte ou d'un droit d'entrée. Les modalités de paiement
peuvent également être librement déterminées, qu'il s'agisse d'un paiement
mensuel ou trimestriel.
Toutefois, cette liberté n'est pas absolue puisqu'elle
doit s'exercer dans le respect des dispositions législatives ou réglementaires
nationales applicables, notamment en matière de plafonnement des loyers.
- La révision du loyer
L'AUDCG organise la révision du loyer selon deux
mécanismes distincts. Le premier est la révision conventionnelle, prévue par
l'article 116 alinéa 2 qui dispose que le loyer est "révisable dans les
conditions fixées par les parties". Les cocontractants peuvent ainsi
prévoir dans leur contrat les conditions de révision du loyer, en incluant des
clauses d'indexation automatique ou en définissant des périodes de révision
spécifiques.
Le second mécanisme intervient à défaut de stipulations
contractuelles, lors du renouvellement du bail. Dans cette hypothèse, l'article
117 confère à la juridiction compétente le pouvoir de fixer le nouveau montant
du loyer. Pour ce faire, le juge doit prendre en considération plusieurs
critères objectifs : la situation des locaux, leur superficie, leur état de
vétusté, ainsi que le prix des loyers commerciaux couramment pratiqués dans le
voisinage pour des locaux similaires.
B. Les obligations
relatives au paiement
- Les obligations du preneur
L'article 112 impose au preneur une obligation principale
de paiement du loyer qui constitue un élément essentiel du contrat de bail.
Cette obligation fondamentale s'analyse comme une obligation de résultat dont
l'inexécution peut conduire à la résiliation du bail. Le texte précise
expressément que "le preneur est tenu de payer le loyer aux termes
convenus, entre les mains du bailleur ou de son représentant dûment
mandaté."
L'exécution de cette obligation doit respecter trois
paramètres essentiels. D'abord, le versement doit être effectué entre les mains
du bailleur ou d'une personne expressément mandatée par lui. Ensuite, le
paiement doit intervenir aux échéances stipulées dans le contrat. Enfin, le
montant versé doit correspondre exactement à celui prévu conventionnellement ou
fixé judiciairement en cas de révision.
- Les modalités de paiement
L'AUDCG fait preuve de modernité et de souplesse
concernant les moyens de paiement acceptés. L'article 112 alinéa 2 prévoit
expressément que "le paiement du loyer peut être fait par correspondance
ou par voie électronique." Cette disposition permet d'adapter les
modalités de paiement aux usages commerciaux contemporains et aux nouvelles
technologies, tout en assurant la sécurité des transactions.
La question de la preuve du paiement revêt une importance
pratique considérable. Le preneur doit être en mesure de justifier de la
régularité de ses versements, ce qui suppose la conservation des quittances ou
autres documents justificatifs. En cas de paiement électronique, les relevés
bancaires ou autres confirmations de transaction peuvent servir de preuve.
Cette exigence probatoire est particulièrement importante en cas de contentieux
sur le paiement des loyers.
C. Le régime des
charges locatives
- La détermination des charges
L'AUDCG ne contient pas de dispositions spécifiques
concernant les charges locatives. Cette situation laisse une grande liberté
contractuelle aux parties pour définir la répartition des charges entre
bailleur et preneur. Toutefois, cette liberté doit s'exercer dans le respect
des dispositions d'ordre public et du droit commun des obligations.
- Le recouvrement des charges
Le recouvrement des charges suit généralement le même
régime que celui du loyer principal. Les parties peuvent prévoir dans le
contrat les modalités de paiement des charges, qu'il s'agisse de provisions
mensuelles avec régularisation annuelle ou de remboursement sur justificatifs.
En cas de contestation sur le montant ou la répartition des charges, la
juridiction compétente peut être saisie pour trancher le litige.
II. LES
PROCÉDURES DE RECOUVREMENT ET DE CONTENTIEUX
A. Les procédures
de recouvrement des loyers et charges
- La mise en demeure préalable
Conformément à l'article 133 de l'AUDCG, la résiliation
du bail pour défaut de paiement doit être précédée d'une mise en demeure. Ce
préalable obligatoire doit être effectué par acte d'huissier ou notifié par
tout moyen permettant d'établir sa réception effective par le destinataire. La
mise en demeure doit nécessairement indiquer la ou les clauses du bail non
respectées et informer le preneur qu'à défaut d'exécution dans un délai d'un
mois, le bailleur pourra saisir la juridiction compétente.
- Les voies de recouvrement
En l'absence de régularisation suite à la mise en
demeure, le bailleur dispose de plusieurs options pour recouvrer sa créance :
- La
procédure d'injonction de payer prévue par l'Acte uniforme portant
organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies
d'exécution
- L'assignation
en paiement devant la juridiction compétente
- L'exercice
du privilège du bailleur sur les meubles garnissant les lieux loués
B. Le contentieux
des loyers et charges
- Les contestations relatives au montant du loyer
L'article 117 de l'AUDCG organise la procédure en cas de
désaccord sur le montant du loyer. Il prévoit que "la juridiction
compétente, statuant à bref délai, est saisie par la partie la plus
diligente." Le texte encadre le pouvoir d'appréciation du juge en
énumérant les critères à prendre en compte :
- La
situation des locaux
- Leur
superficie
- L'état de
vétusté
- Le
prix des loyers commerciaux couramment pratiqués dans le voisinage pour
des locaux similaires
- La résiliation judiciaire pour défaut de paiement
L'article 133 de l'AUDCG organise une procédure
spécifique de résiliation judiciaire qui vise à protéger tant les intérêts du
bailleur que les droits du preneur. Cette procédure comprend plusieurs étapes
obligatoires.
a) Les conditions
de fond de la résiliation
Le texte exige que la demande en justice aux fins de
résiliation du bail soit précédée d'une mise en demeure restée infructueuse. Cette mise en
demeure doit respecter un formalisme strict :
- Elle
doit préciser la ou les clauses du bail non respectées
- Elle
doit informer expressément le preneur du délai d'un mois dont il dispose
pour régulariser sa situation
- Elle
doit mentionner explicitement qu'à défaut de régularisation, la
juridiction compétente sera saisie aux fins de résiliation du bail et
d'expulsion
b) La clause
résolutoire de plein droit
L'article 133 alinéa 4 admet la validité des clauses
résolutoires de plein droit. Toutefois, même en présence d'une telle clause,
l'intervention judiciaire demeure nécessaire. La juridiction compétente
intervient alors pour :
- Constater
la résiliation du bail
- Prononcer
l'expulsion du preneur et de tout occupant de son chef
- Vérifier
le respect de la procédure préalable de mise en demeure
- Les garanties procédurales spécifiques
a)
L'information des créanciers inscrits
L'article 133 in fine impose une garantie procédurale
importante : la partie qui entend poursuivre la résiliation du bail doit
notifier aux créanciers inscrits une copie de l'acte introductif d'instance.
Cette notification vise à permettre aux créanciers de préserver leurs droits,
notamment en intervenant à l'instance ou en réglant les loyers impayés pour
éviter la résiliation.
b) Le délai de
réflexion obligatoire
Le texte prévoit que la décision prononçant ou constatant
la résiliation du bail ne peut intervenir qu'après l'expiration d'un délai d'un
mois suivant la notification de la demande aux créanciers inscrits. Ce délai
permet aux créanciers d'évaluer l'opportunité d'une intervention dans la
procédure.
Lettre recommandée avec accusé de réception de mise en demeure de payer les loyers
XAF 4,000
AcheterLettre recommandée avec accusé de réception de révision triennale du loyer commercial
XAF 4,000
AcheterLettre recommandée avec avis de réception de Contestation de l'application de la clause de recette
XAF 4,000
AcheterLettre recommandée avec avis de réception de contestation de l'augmentation du loyer pour dépassement du plafond
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