Commentaire juridique
Le dispositif anti-blanchiment gabonais s'articule autour de l'Agence Nationale d'Investigation Financière (ANIF), cellule de renseignement financier créée par le règlement CEMAC n°01/03. Les assujettis (banques, assurances, notaires, casinos) doivent déclarer les opérations suspectes, avec 150 déclarations annuelles en moyenne. Les obligations de vigilance incluent : identification des clients, surveillance des transactions, conservation des documents (5 ans), formation du personnel.
Les infractions sous-jacentes couvrent le trafic de drogue, la corruption, la fraude fiscale, le détournement de fonds publics, l'exploitation illégale des ressources naturelles. Les sanctions vont de 2 à 10 ans de prison et des amendes jusqu'à 100 millions FCFA. La confiscation des avoirs criminels, encore rare, se heurte à la complexité des montages. La coopération internationale via le Groupe d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique Centrale (GABAC) facilite l'échange d'informations. L'évaluation mutuelle de 2019 a relevé des déficiences importantes nécessitant un plan d'action correctif.