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La déspécialisation restreinte, prévue par l'article 113
de l'Acte uniforme OHADA portant sur le droit commercial général, permet au
preneur d'adjoindre à l'activité prévue au contrat de bail des activités
connexes ou complémentaires. Ce mécanisme juridique, plus souple que la
déspécialisation plénière, offre au preneur la possibilité d'adapter son
activité tout en maintenant l'activité principale initialement prévue.
L'importance de ce dispositif se manifeste tant sur le
plan économique, permettant l'évolution naturelle des activités commerciales,
que sur le plan juridique, assurant un équilibre entre les droits du preneur et
ceux du bailleur. Ce mécanisme mérite une analyse approfondie de son régime
juridique.
La présente étude s'articulera autour de trois axes
essentiels : le cadre juridique et les conditions de la déspécialisation
restreinte (I), la procédure de mise en œuvre et les droits des parties (II),
et enfin le contentieux et les effets de la déspécialisation restreinte (III).
I. CADRE
JURIDIQUE ET CONDITIONS DE LA DÉSPÉCIALISATION RESTREINTE
A. Fondement et
Nature Juridique
La déspécialisation restreinte trouve son fondement dans
l'article 113 de l'Acte uniforme OHADA qui dispose que le preneur peut
adjoindre à l'activité prévue au contrat des activités connexes ou
complémentaires relevant d'un même domaine. Cette possibilité se distingue
fondamentalement de la déspécialisation plénière en ce qu'elle ne permet qu'une
extension de l'activité initiale et non son changement total.
Le caractère connexe ou complémentaire de l'activité
ajoutée s'apprécie objectivement en fonction des usages commerciaux et de la
cohérence économique avec l'activité principale. Cette appréciation doit tenir
compte de la nature de l'activité, de sa finalité et de son lien avec
l'exploitation principale.
B. Conditions
d'Exercice
L'exercice de ce droit est soumis à des conditions de
fond et de forme précises. Sur le fond, le preneur doit démontrer le caractère
connexe ou complémentaire de l'activité envisagée. Cette connexité s'apprécie
au moment de la demande et doit présenter un lien suffisant avec l'activité
principale pour justifier l'extension.
Sur la forme, le preneur est tenu d'en aviser de manière
expresse le bailleur. Cette notification doit être suffisamment précise pour
permettre au bailleur d'apprécier la portée de l'extension envisagée et ses
conséquences sur l'exploitation des lieux loués. Le bailleur dispose alors de
la faculté de s'y opposer pour des motifs graves, tels que l'incompatibilité
avec la destination de l'immeuble ou les risques pour sa conservation.
II.
PROCÉDURE DE MISE EN ŒUVRE ET DROITS DES PARTIES
A. Procédure de
Notification
La mise en œuvre de la déspécialisation restreinte débute
par une procédure formelle de notification. Le preneur doit informer le
bailleur de son intention d'adjoindre une activité connexe ou complémentaire
par un acte permettant d'établir la preuve de cette notification. Cette
formalité est essentielle car elle marque le point de départ du délai dont
dispose le bailleur pour faire valoir une éventuelle opposition.
La notification doit contenir une description précise de
l'activité envisagée, permettant au bailleur d'apprécier sa connexité avec
l'activité principale et ses implications pratiques. Le preneur doit notamment
préciser les modalités d'exercice de cette nouvelle activité et son impact sur
l'utilisation des locaux.
B. Droits et
Obligations des Parties
- Position
du Preneur Le preneur dispose d'un droit d'initiative dans la
déspécialisation restreinte. Il n'est pas tenu d'obtenir une autorisation
préalable du bailleur, mais doit simplement l'informer de son projet. Ce
droit n'est cependant pas absolu et doit s'exercer dans le respect des
droits du bailleur et des autres occupants de l'immeuble.
- Prérogatives
du Bailleur Le bailleur peut s'opposer au projet pour des motifs graves.
Cette opposition doit être manifestée dans un délai raisonnable et être
fondée sur des éléments objectifs et sérieux. Le bailleur ne peut exercer
ce droit d'opposition de manière arbitraire ou abusive.
III.
CONTENTIEUX ET EFFETS DE LA DÉSPÉCIALISATION RESTREINTE
A. Le Contentieux
de la Déspécialisation
Le contentieux de la déspécialisation restreinte peut
naître soit de l'opposition du bailleur, soit de la contestation par ce dernier
du caractère connexe ou complémentaire de l'activité adjointe. En cas de
litige, il appartient à la juridiction compétente d'apprécier la légitimité de
l'opposition du bailleur ou le bien-fondé de la connexité invoquée par le
preneur.
Les tribunaux examinent particulièrement la réalité du
lien entre l'activité principale et l'activité adjointe, ainsi que le sérieux
des motifs d'opposition invoqués par le bailleur. L'appréciation se fait au cas
par cas, en tenant compte des usages commerciaux et des circonstances
particulières de l'espèce.
B. Les Effets de la Déspécialisation
1. Sur le Bail
La mise en œuvre de la déspécialisation restreinte
n'entraîne pas la conclusion d'un nouveau bail. Le contrat initial se poursuit
avec une extension de son objet à l'activité connexe ou complémentaire. Cette
extension peut néanmoins justifier une adaptation des conditions du bail,
notamment en matière d'assurance ou de respect des normes spécifiques à la
nouvelle activité.
2. Sur les Obligations des Parties
Le preneur doit exercer l'activité adjointe dans le
respect des stipulations du bail et des règles applicables à cette activité. Le
bailleur conserve l'ensemble de ses droits et obligations, notamment en matière
de garantie des vices et de maintien de la destination des lieux.
Notification à créancier inscrit d'une demande afin d'exercer une activité différente de celle prévue au bail
XAF 4,000
AcheterNotification de l'intention d'adjoindre une activité connexe où complémentaire à celle prévue au bail
XAF 4,000
AcheterNotification de l'intention d'exercer une activité différente de celle prévue au bail
XAF 4,000
AcheterRefus d'autorisation du bailleur concernant l'extension de commerce sollicitée par le preneur
XAF 4,000
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