Documents disponibles (6)
L'exercice du droit au renouvellement du bail à usage
professionnel, tel qu'encadré par les articles 123 à 134 de l'Acte Uniforme
OHADA portant sur le Droit Commercial Général, constitue un mécanisme juridique
complexe dont la maîtrise s'avère fondamentale pour la sécurisation des
relations commerciales.
Le législateur OHADA a institué un équilibre subtil entre
la protection du fonds de commerce du preneur et les prérogatives légitimes du
bailleur. Cette dualité se manifeste notamment à travers l'acquisition du droit
au renouvellement après deux années d'exploitation conforme (art. 123), tout en
préservant la faculté pour le bailleur de s'y opposer sous certaines conditions
strictement encadrées.
La formalisation de ce droit emprunte des voies
procédurales précises :
- Pour
les baux à durée déterminée, la demande doit intervenir au plus tard trois
mois avant l'expiration, par signification d'huissier
- Pour
les baux à durée indéterminée, un préavis minimal de six mois doit être
respecté
Le silence du bailleur, un mois avant l'échéance, vaut
acceptation tacite du renouvellement, illustrant la volonté du législateur de
favoriser la stabilité des relations commerciales. Toutefois, le
bailleur conserve des prérogatives importantes :
- Le
droit de refuser le renouvellement moyennant une indemnité d'éviction
- La
possibilité d'invoquer des motifs graves et légitimes pour s'opposer sans
indemnité
- Le
droit de refuser pour démolir et reconstruire l'immeuble
La jurisprudence de la CCJA a progressivement précisé les
contours de ces mécanismes, veillant à maintenir l'équilibre voulu par le
législateur OHADA tout en assurant la sécurité juridique nécessaire aux
transactions commerciales.
Cette construction juridique sophistiquée exige une
attention particulière dans la rédaction des actes afférents, chaque situation
appelant un traitement spécifique et rigoureusement encadré.
Refus de renouvellement sans indemnité d'éviction pour absence de droit du preneur à renouvellement
XAF 4,000
Acheter