Commentaire juridique
L'administration pénitentiaire gère 11 établissements accueillant environ 4 500 détenus pour 1 500 places théoriques. La surpopulation chronique (300% à la prison centrale de Libreville) génère des conditions de détention difficiles : promiscuité, insalubrité, violences. Les prévenus, représentant 40% de la population carcérale, sont théoriquement séparés des condamnés. Les femmes (3%) et mineurs (2%) disposent de quartiers distincts sous-équipés.
La réforme pénitentiaire en cours vise l'humanisation : construction de nouvelles prisons aux normes internationales (Ntoum, 1000 places), amélioration de l'alimentation et des soins, développement des activités. La formation professionnelle (menuiserie, couture, maraîchage) touche 20% des détenus. Le travail pénal, peu développé, offre une rémunération symbolique. Les permissions de sortie et la libération conditionnelle, sous-utilisées, concernent moins de 5% des condamnés éligibles. La récidive élevée (60%) témoigne de l'échec de la réinsertion, nécessitant un accompagnement post-pénal renforcé. Les droits des détenus (visites, correspondance, culte) sont théoriquement garantis mais inégalement respectés selon les établissements.