Categories
Commentaire
La clause résolutoire constitue un mécanisme contractuel fondamental du bail à usage professionnel, permettant sa résiliation de plein droit en cas de manquement du preneur à ses obligations. Cette clause, expressément prévue par l'article 133 alinéa 4 de l'Acte Uniforme OHADA, requiert une attention particulière tant dans sa rédaction que dans sa mise en œuvre.
I. DEFINITION ET NATURE JURIDIQUE DE LA CLAUSE
RESOLUTOIRE
A. Les caractéristiques essentielles
Une stipulation expresse dans le
contrat est indispensable. La clause résolutoire ne peut être tacite ou
implicite, cette exigence découlant de la nécessité de garantir la sécurité
juridique et d'assurer la pleine conscience du preneur quant aux conséquences
de ses éventuels manquements.
L'effet automatique constitue sa
seconde caractéristique majeure. Une fois les conditions de mise en œuvre
réunies et après constatation judiciaire, la clause entraîne automatiquement la
résiliation du bail sans que le juge ne puisse en apprécier l'opportunité.
Malgré cet automatisme apparent, la
mise en œuvre judiciaire demeure nécessaire. L'intervention du juge pour
constater l'acquisition de la clause constitue une protection essentielle des
parties, notamment du preneur.
B. Le domaine d'application
La clause résolutoire sanctionne
principalement le défaut de paiement des loyers et charges, les retards répétés
dans le paiement, ainsi que le défaut d'assurance. Elle s'étend également aux
infractions relatives à la destination des lieux.
Au-delà de ces manquements classiques, la clause peut viser les travaux irréguliers, les violations des obligations d'entretien et les sous-locations non autorisées, sous réserve que ces manquements soient expressément visés par le contrat.
II. MISE EN ŒUVRE ET PROCEDURE
A. La mise en demeure préalable obligatoire
La procédure débute impérativement
par une mise en demeure formalisée par acte d'huissier ou tout moyen prouvant
sa réception effective par le preneur. Son contenu doit précisément identifier
les manquements reprochés et accorder un délai d'un mois pour leur
régularisation.
Ce délai de régularisation, d'ordre
public, court à compter de la réception effective de la mise en demeure. Son
caractère impératif traduit la volonté du législateur de préserver les droits
du preneur tout en encadrant strictement la procédure.
B. L'intervention judiciaire
Le juge des référés, saisi après l'expiration du délai de régularisation, doit vérifier la régularité de la procédure et constater l'acquisition de la clause résolutoire. Sa mission inclut également la protection des droits des créanciers inscrits, qui doivent être informés de la procédure et bénéficient d'un délai d'un mois pour faire valoir leurs droits.
III. EFFETS JURIDIQUES
A. Les effets principaux
La constatation judiciaire de
l'acquisition de la clause entraîne la résiliation immédiate du bail. Cette
rupture définitive impose au preneur de libérer les locaux et emporte cessation
des obligations réciproques des parties, sous réserve de l'exécution des
obligations nées de la résiliation.
B. Les conséquences financières et matérielles
La résiliation ouvre droit pour le
bailleur au paiement des loyers arriérés et d'une éventuelle indemnité
d'occupation. La libération des lieux doit s'accompagner d'un état des lieux de
sortie contradictoire, permettant la liquidation des comptes entre les parties.
L'exécution forcée peut être
nécessaire en cas de résistance du preneur. Elle s'organise dans le respect des
délais légaux et peut requérir l'intervention de la force publique, traduisant
ainsi la pleine effectivité de la clause résolutoire.
Notre plateforme dispose
d'une gamme complète de modèles d'actes couvrant chaque étape de la procédure
de résolution, depuis la mise en demeure initiale jusqu'à l'exécution de la
décision judiciaire. Ces documents, régulièrement mis à jour, garantissent la
sécurité juridique de vos procédures de résiliation du bail professionnel en
droit OHADA.
N'hésitez pas à nous
contacter pour toute question ou assistance dans la mise en œuvre de votre
clause résolutoire.